je ne suis qu'une petite fourmi qui bat des pattes de ci de là en quête d'un ailleurs ou d'un ici toujours plus fort
deux petits textes pour éclairer ce qui me pousse...
Live what you know
and you will know more.
Vivez ce que vous connaissez et vous connaîtrez plus.
de Swâmi Prajnânpad
On connaît ce que l'on est. Vivez ce que vous connaissez et, par cette mise en pratique, vous connaîtrez encore plus.
Votre connaissance, c'est-à-dire votre expérience, ce qui vous appartient vraiment, grandira.
Depuis votre enfance, les parents, la famille, les éducateurs, les gens bien-pensants, tout le monde a déversé sur vous ses propres opinions, au point que vous ne savez plus ce qui vous appartient en propre et qui est l'expression de votre certitude et ce qui est des on-dit, des imitations, que vous n'avez jamais vraiment cherché à vérifier.
Nous avons toujours cru que c'était comme cela parce qu'on nous l'a toujours dit. Tout cela relève d'opinions et, pour déraciner ces opinions et les remplacer par des certitudes, il n'y a rien d'autre que le test de la mise en pratique et de l'action.
C'est en agissant selon ce que vous connaissez que vous pouvez connaître encore plus, c'est-à-dire augmenter votre expérience et vos certitudes. Et c'est en agissant que vous voyez si vous vous trompez, ce qui est souvent inévitable.

Quand on a le courage de se lancer dans le monde, dans l'inconnu, même si on est guidé, on se trompe. Se tromper fait partie du chemin. Acceptez à l'avance l'idée qu'inévitablement vous allez encore vous tromper.

Vous vous tromperez par rapport à vous-même, vous accomplirez des actions qui ne vous donneront pas satisfaction, avec lesquelles vous ne serez pas unifié, soit avant, soit pendant, soit après, et vous le regretterez.

C'est l'action qui vous permet de vous tromper vraiment, nettement, clairement.
Qui ne tente rien n'a rien. Qui ne risque rien ne peut pas progresser.
C'est l'épreuve de la vérité : je le vois, le résultat est là, flagrant, qui me montre que je me suis trompé.
L'action soulève les vraies questions.

Cinq des clés de la pensée de Svâmi Prajnânpad
par André Comte-Sponville
1* Vivre au présent
Ce qui fut n'est plus, ce qui sera n'est pas encore, «Qui crée alors le passé ou le futur? Seulement le mental. » Nous sommes prisonniers du passé, par l'inconscient, et de l'avenir, par l'attente, a Le passé insatisfait enserre le présent dans ses griffes », et nous voue à l'espérance, donc à une nouvelle insatisfaction. L'espoir et la peur sont les plus grands ennemis de l'homme : parce qu'ils nous séparent du présent du réel, de tout, parce qu'ils nous enferment dans l'avenir et l'ego, On ne peut y échapper qu'en se libérant du passé. Ainsi la liberté et l'éternité vont ensemble.

2* Différence et changement
Tout est différent toujours : il n'y a pas deux grains de sable identiques ni deux mentals semblables- C'est ce qui nous voue à la solitude : « Personne ne peut agir suivant le désir de quelqu'un d'autre ; chacun est différent et séparé. » C'est aussi ce qui nous voue au changement, qui n'est que la différence dans le temps. Deux instants successifs ne sont jamais identiques : « Tout change à chaque instant. Ce n'est qu'un courant qui s'écoule. » II n'y a pas d'êtres ; il n'y a que du devenir. C'est ce que l'ego refuse : il voudrait « rester intact » et ne le peut; il s'interdit de vivre, pour ne pas mourir.

3*Le refus et l’émotion
Qu'est-ce que le mental? Toute pensée en nous qui souhaite autre chose que le réel. C'est le contraire de la vérité. C'est « maya » (« l'illusion »). Comment savoir alors si l'on est dans la vérité ou dans le mental? Par la présence ou l'absence d'émotion. L'émotion est le critère : si je suis ému. c'est que je superpose au réel autre chose que ce qu'il est (mon désir, mon refus, mon attente) qui m’en sépare et m’enferme dans le mental. Il faut donc accepter l'émotion, pour s'en libérer.

4* Voir, accepter, agir
Le contraire de l'illusion, c'est la vérité. Le contraire du mental, c'est voir. Ne pas penser, ne pas interpréter, ne pas juger, ne pas comparer, mais voir ce qui est comme cela est. Aucun jugement de valeur. Aucun refus. Aucune émotion (il n'y a plus que des sentiments). Accepter ce qui est. C'est la seule façon de le transformer. « Restez dans le présent : agissez, agissez, agissez ! » Et lorsque l'on n'arrive pas à accepter ce qui est? Alors l'émotion est là, qu'il faut donc accepter. Ni refus ni dénégation. Ni espérance ni regret. Cela passe par la connaissance de soi, et par l'acceptation de soi ; « Accept yourself and be happy » (« Accepte-toi et sois heureux »)

5* Etre un avec tout
L'expérience spirituelle la plus haute est celle de l'unité. Nous ne sommes séparés de tout que par le mental – que par nous-même. La vérité, au contraire, nous unit : parce qu'elle est une, parce qu'elle est universelle, et parce qu'elle est infinie. II ne s'agit pas de brimer l'ego, mais de l'ouvrir : devenir comme « un cercle devenu si large qu'il ne peut plus rien entourer, un cercle d'un rayon infini : une ligne droite ! ». Alors seulement le bonheur peut advenir, il n'y a pas d'ego heureux, ni de bonheur égoïste. Il faut donc se libérer du moi, pour s'ouvrir à tout. C'est le chemin de la sagesse. C'est le chemin du bonheur. « Pour aller où ? Là où vous êtes. Tout est ici et maintenant. »

C'est le chemin du bonheur.
« Pour aller où ? Là où vous êtes.
Tout est ici et maintenant. »
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